dimanche 16 mai 2010

L'évolution de la société au rythme des technologies de l'information

Les technologies d’information ont un impact immense sur le développement de nos sociétés. Elles créent des réseaux sociaux virtuels qui permettent de démocratiser l’information et de changer notre perception du monde. Elles façonnent aussi grandement nos façons de s’exprimer, de penser et d’agir.

L’évolution des technologies de l’information a permis de donner à une large partie des habitants de la planète l’impression de vivre dans un village planétaire global. Cette notion de village global, introduite par Marshall McLuhan dans les années 60, s’est imposée avec force dans les années 80 avec l'influence des agences publicitaires, des groupes de marketing et de management en ont fait leur leitmotiv. Finalement, aujourd’hui, les technologies d’information révolutionnent le monde du travail.


Influence sur notre façon de penser et d’agir

L’imprimerie a contribué largement à l’époque de la Renaissance à faire de l’individu un être capable de raisonner et d’émettre une opinion. Elle a permis d’augmenter de façon très large sa connaissance du monde qui l’entoure. Elle a également fait évoluer l’expression orale en organisant le discourt de manière logique et linéaire. Ainsi, comme toute nouvelle technologie d’information, l’imprimerie a influencé les autres modes de communication. Par exemple, l’oral est devenu une façon de synthétiser et de mettre un visage humain sur un savoir consigné par écrit.

Plus récemment, nous sommes passés du livre à une lecture à l’écran généralisée; nos habitudes de recherche et de consommation de l’information ont également évolué. L’UNESCO mentionne à ce sujet, dans son rapport Vers les sociétés du savoir, que la vocation du texte continu peut même être remise en question à cause de l’habitude lecture sur Internet et des liens hypertextes : « le léger inconfort que procure la lecture sur écran tend à placer les opérations de lecture sous le signe de la fébrilité et du zapping » (UNESCO, 2005 : 233). Ainsi, notre comportement est modelé sur notre façon de s'informer.


Liberté d’expression et liberté de commerce

Bien que le livre ait permis l’instruction et l’alphabétisation, Internet est réellement le média qui a permis la démocratisation de l’information. « En quittant le monde fermé de la recherche universitaire pour pénétrer dans l’ensemble de la société, Internet va apporter avec lui un certain nombre de ses valeurs et, notamment, les principes d’échange égalitaire et de circulation libre et gratuite de l’information, dans le cadre d’un réseau coopératif géré par ses utilisateurs » (UNESCO, 2000 : 387). Les conséquences de cette liberté d’accès à l’information se font sentir dans les sphères politiques économiques et culturelles. La liberté d’expression n’est cependant pas permise par tous les gouvernements, comme l’illustre cette vidéo reportant la censure du président Barack Obama en Chine par le gouvernement chinois. Les élites l’ont compris : Internet est un puissant outil de démocratie.




Avec l’utilisation plus courante d’Internet, c’est aussi la libre expression commerciale qui s’installe, au-delà du droit d’expression individuel. A. Mattelard souligne à ce sujet que «en 1996, le libre-échangisme a franchi un nouveau pas avec le plaidoyer du président Bill Clinton pour un réseau mondial libre de tout « interventionnisme », qui veut déclarer Internet zone franche pour les échanges de produits et services» (1998 : 380). Malgré certains bons principes, ce désir de libre-échangisme, en focalisant sur la liberté du consommateur, permet de se débarrasser à bon compte des questions sur l’inégalité des échanges entre les diverses cultures, les diverses économies.

Répercussion des technologies de l’information sur le travail

Le déclin de l’organisation fordiste du travail va de pair avec l’emballement pour les technologies de l’information. L’entreprise devient de plus en plus complexe. L’accès à de l’information sur les clientèles, le souci de plus en plus grand concernant l’image de l’organisation et la satisfaction de la clientèle amène une toute autre organisation du travail. Comme les technologies de l’information qui s’imbriquent les unes aux autres, la production est de plus en plus une dimension influencée par le marketing, le consommateur et la communication interne. Comme le mentionne A. Mattelard dans son essai sur l’impact des technologies sur la civilisation : « Un mot d’ordre régente cette nouvelle logique de l’entreprise, l’« intégration » : intégration des échelles géographiques, mais aussi de la conception, de la production et de la commercialisation, voire de sphères d’activités jadis séparées » (1998 : 378).

Apprendre et réapprendre

L’abondance de l’information inculque aussi aux individus une instabilité et un changement constant dans leur travail. Avec l’évolution des technologies de l’information, le phénomène de «l’apprenant à vie» est donc appelé à « se généraliser à tous les niveaux de nos sociétés, et à structurer l’organisation
du temps, du travail et de la vie des institutions» (UNESCO, 2000 : 59. Ainsi, l’individu est au coeur d’une démarche permanente d’acquisition et de communication du savoir.

Pour conclure...

On peut se demander comment la recherche constante de nouveauté peut-elle être durablement fondatrice, et ne pas exclure la vision à long terme au profit du très court terme, celui de la rentabilité et de la mode? Les sociétés apprenantes et exposer à autant d'informations doivent nécessairement relever un défi majeur au XXIe siècle : réconcilier culture de l’innovation et vision à long terme, en s’imprégnant des concepts de développement durable.




BIBLIOGRAPHIE


Mattelard, Armand. 1998. Vers la communication monde, dans La communication, extrait des savoirs. Paris : Sciences Humaines Éditions, 462 p.

NTDTV. 2009. Les médias chinois censurent le discours d'Obama sur la censure sur Youtube. [En ligne]. URL : http://www.youtube.com/watch?v=IAKRrs1ocGE. Consulté le 16 mai 2010.

UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture). 2005. Vers les sociétés du savoir, Rapport mondial de l’UNESCO. Paris : Éditions UNESCO, [En ligne]. URL : http://unesdoc.unesco.org/images/0014/001419/141907f.pdf. Consulté le 16 mai 2010.

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