dimanche 20 juin 2010
Facebook, confidentialité, etc.
Un article intéressant de CBC News sur les réseaux sociaux et la confidentialité mentionnait que le contenu publié était du contenu potentiellement transférable : «The terms of use for Facebook say its licence — which applies to any user content posted there, including photos, videos and text — gives it the right to copy, publicly display, translate, distribute and to create derivative works.» (Sakuma, 2008, en ligne).
Utiliser une photo sur Facebook dans un but journalistique
Si vous comptez utiliser une photo prise sur Facebook, notez toutefois que la propriété de la photo demeure toujours celle de la personne qui l’a prise. De plus, selon le professeur de la University of Ottawa et expert en droit de l’Internet Michael Geist, si la photo publiée est dans le contexte d’une histoire liée aux actualités (News Story), faire une capture d’écran d’une page Facebook avec la photo, serait une utilisation permise du cliché. Par ailleurs, la photo seule n’en serait pas une : «Where they're simply lifting a photograph that someone has posted on Facebook, I think that prior permission is likely needed» (Geist, cité par Sakuma, 2008, en ligne).
Tout comme Wikipédia doit être une source utilisée avec précaution, puisque l’information est publiée par des internautes avec des intentions diverses, Facebook doit aussi être utilisé avec prudence : «Another consideration for news organizations using Facebook photos is whether they actually depict the person in question. Anyone can upload a picture to Facebook and tag it with a name, whether that person is in the photo or not» (Sakura, 2008 : en ligne). Pour démasquer les dizaines de faux Georges W. Bush de son site, Facebook ne donne aucune attestation d’identité : «Facebook does not pre-screen or approve Facebook pages, and cannot guarantee that a Facebook page was actually created and is being operated by the individual entity that is the subject of a Facebook page» (Sophos cité par Niazi, 2008, en ligne).
Prudence!
En effet, l’utilisateur peut ne pas être celui qu’il dit être. Une organisation de sécurité informatique, nommée Sophos, a effectué en août 2007 une étude pour tester le niveau de tolérance des gens à révéler des renseignements confidentiels à un inconnu. En utilisant une fausse identité, le faux ami récoltat, sur 200 demandes «d’amitié», 87 acceptations et rien de moins que 82 accès à de l’information personnelle comme des adresses courriel, des numéros de téléphone, travail, et dates de naissance.
Connaissez-vous vos amis?
Les amis de vos amis ne sont peut-être pas vos amis. Afin de prévenir l’utilisation des photos sur Facebook, les utilisateurs doivent configurer leurs options de confidentialité pour déterminer qui aura accès à leurs photos. D’ailleurs, la plupart des réseaux sociaux, tels que Flickr, permet de sélectionner le niveau de confidentialité de vos albums. Cette configuration est la première protection contre l’utilisation «at large» de vos photos : «Anyone who can see your photos can download them, e-mail them and repost them elsewhere on the internet, whether the law says they can or not» (Sakura, 2008 : en ligne).
Des lois sur Internet?
Deux concepts, l’autorégulation et la co-régulation se sont déployés au cours des dernières années afin de combler les lacunes de la Justice. Il existe quelques règles en matière de nétiquette qui sont basées sur l’autorégulation. La nétiquette, les logiciels de filtrage et les codes se multiplient, les utilisateurs ayant le choix de se soumettre à celles qu’ils veulent : «D’une manière générale, les règles de la nétiquette imposent le respect de l’administrateur du réseau, le respect des individus, celui de la qualité des messages, une certaine forme de prudence et de modération» (Ravaz, 2008, p. 43-44).
Cette autorégulation, laissée au bon vouloir des internautes, fait de plus en plus place à la co-régulation «construite sur un consensus entre pouvoirs publics et personnes privées (…), mais surtout, elle comporte une activité de surveillance et de contrôle de la mise en œuvre généralement par un organisme indépendant» (Ravaz, 2008 : 45). Il est à se demander, comme avance Ravaz, si cette collaboration en matière de justice numérique serait « fondatrice d’une éthique universelle» (2008 : 46)?
BIBLIOGRAPHIE Niazi, Amil. 2008. «Facebook phoneys, Are your 'friends' who they appear to be?» 9 janvier 2008. CBC News –In Dept. URL: http://www.cbc.ca/news/background/tech/internet/facebook.html. Consulté le 20 juin 2010.
Ravaz, Bruno. 2005. «Ordre numérique et préoccupations éthiques : vers une éthique numérique universelle?» dans L’éthique des situations de communication numérique (sous la direction de Serge Agostinelli). 2005. Paris : L’Harmattan. p. 29 à 47.
Sakuma, Paul. 2008. « Facebook photo free-for-all. Is media's use of photos fair dealing or freeloading? ». 11 janvier 2008. CBC News- In Dept. URL: http://www.cbc.ca/news/background/tech/internet/facebook-legal.html. Consulté le 20 juin 2010.
mercredi 16 juin 2010
Contrepied de http://owazis.com/blog/
L’étudiante au cours Communication et changements technologiques, Joanie Brouillette, a fait un essai sur le sujet de la publicité en ligne. Elle présente dans le volet critique les revers de la publicité en ligne. Elle souligne notamment que ce genre de publicité est perçu de façon majoritaire négativement par les internautes québécois, ceux-ci la jugeant « peu utile et informative » (Brouillette, 2010 : en ligne). Elle pose une question fort pertinente qui est le cœur des préoccupations des publicitaires qui cherchent à cibler de plus en plus leur clientèle et qui délaissent les médias traditionnels au profit du Web : les utilisateurs sont-ils conditionnés à éviter la publicité en ligne? Elle soulève aussi un sujet d’intérêt : «Dépendamment du sujet de la publicité en question, le dérangement causé est plus ou moins grand » (Brouillet, 2010 : en ligne).
Point de vue
Je me demande pourquoi Joanie Brouillette n’a pas continué sur cette piste qui l’aurait menée vers la publicité selon les intérêts des internautes. Pour faire le contrepoids de son essai, je vais appuyer mes propos sur l’opinion de Frédéric Joseph, président de IAB France. Alors qu’il venait d’arriver à la barre d’IAB, en 2005, il donna une entrevue au magazine Web Clubic, où il parlait de l’avenir de la publicité en ligne. L’importance de la contextualisation dans la publicité en ligne était selon lui un avantage incontournable à développer.
Rendre service aux annonceurs et aux internautes
Lorsque Brouillette parle du niveau d’irritation créé par la publicité, cela nous amène à parler des intérêts et du contexte de l’internaute. L’étudiante aurait pu tenir compte davantage de ce point dans sa critique de la publicité en ligne. Selon Joseph : « La ‘contextualisation’ de la présence publicitaire est l'une des forces de l'Internet. C'est un moyen de rendre service aux internautes tout en apportant du revenu publicitaire aux sites éditeurs. Tout cela est très intéressant et démontre à quel point le potentiel de ce média est en perpétuelle évolution » (cité par Bouteiller, 2005, dans : «Publicité en ligne»). Donc, en plus de rendre plus rentable la publicité pour les annonceurs, la publicité contextualisée serait également moins « inutile » et dérangeante pour les utilisateurs du Web. En effet, cette publicité irait au-devant des besoins de l’utilisateur ou minimalement, serait davantage concentrée sur ses intérêts.
La souplesse du médium, par rapport à son coût, a également été écartée de la critique. Il existe trois façons de payer pour de la publicité en ligne en fonction des objectifs de l’annonceur: veut-il vendre quelque chose ? Recherche-t-il une simple impression pour causer de la notoriété ? A-t-il un message précis à passer?
Le site Comment ça marche décrit les trois façons pour l’annonceur de payer pour sa publicité en ligne :
- « Le CPC (Coût par clic) correspondant à une rémunération proportionnelle au nombre de clics uniques sur les bannières diffusées.
- Le CPM (Coût par mille) correspond à un mode de rémunération en fonction du nombre d'affichage. Ce mode de rémunération est généralement réservé aux sites à fort trafic (plus d'un million de pages vues par mois).
- Le CPS (Cost per Sale, en français coût par vente) ou lead correspondant au nombre de clics de visiteurs ayant abouti à une vente. » (2010 : consulté en ligne sous «Dossiers, publicité en ligne»).
Brouillette parle également du taux de clics des Québécois. Cette réactivité doit maintenant être pertinente : les annonceurs désirent maintenant non seulement que les utilisateurs cliquent sur leur publicité, mais que ce soit des clients ou consommateurs potentiels qui y soient exposés. Par exemple, selon une étude de la société d'analyse américaine iPerceptions datant de 2008, ceux qui cliquent sur les publicités ne sont pas les internautes les plus riches : « En fait, 40 % d'entre eux gagnent moins de 50 000$ par année et seulement 15% ont déclaré des revenus de plus de 150 000$» (Salvi, 2008 : en ligne).
On observe une préoccupation grandissante des annonceurs pour les utilisateurs qui sont exposés : «Ils réclament également plus d'information sur le comportement de leurs clients et prospects en termes d'usages du Web» ( Salvi, 2008 : en ligne). Ainsi, on verra de plus en plus de tactiques du genre : vendre une Audi à quelqu’un qui fréquente des grands restaurants ou afficher une promotion sur un cours de danse sur une radio Internet de salsa. Plus que jamais, avec le ciblage précis que permet la publicité en ligne, «sky is the limit» !
Contre-exemple réel dans le domaine de la communication
Brouillette cite dans son exemple d’application de la publicité en ligne la page My.BarackObama.com. À mon sens, une page de réseau social n’est pas de la publicité, mais une action de relations publiques, sauf si on fait du placement sur d’autres pages. Toutefois, créer sa propre page permet d’entrer en contact avec les cibles et de générer de la discussion autour de nos services ou produits.
Ainsi, Moosehead s’est servi de plusieurs médias pour faire une campagne sur le thème de découvrir son «Moi extérieur», incluant la télévision, la radio, un site Internet et une page Facebook.

En se rendant sur Moiexterieur.com, site sur lequel l'équipe de la brasserie remet les internautes sur le droit chemin, Moosehead leur explique ce qu'est le «moi extérieur», comment «entrer en contact avec ce dernier» et comment «aider ses amis à le retrouver».
La page Facebook permet aux amateurs de plein air de partager des photos et de rejoindre un réseau d’amateurs de plein air et de bière Moosehead.
Toutefois, en furetant sur la page Facebook de Moosehead, on remarque que la page Facebook suscite peu de réactions des internautes et on constate que la valeur ajoutée par rapport au site Web est peu tangible. Ainsi, on ne fait que prolonger le message de la publicité traditionnelle (de la télévision et de la radio) sur le Web. On offre aux membres de diffuser leurs photos de plein air, sans toutefois inciter par l’entremise de thèmes spécifiques, de concours, cette quête de photos. De plus, Moosehead publie des nouvelles liées au plein air sans toutefois mousser la discussion pour inviter les gens à partager des anecdotes.
Ainsi, Moosehead devrait retravailler sa présence sur le Web.
Lâcher prise… sans perdre le contrôle
Les annonceurs qui veulent utiliser les vertus de la publicité en ligne sur le Web 2.0 doivent accepter de perdre le contrôle de l’information, ce qui est une rupture par rapport au marketing traditionnel. Ainsi, ils doivent discuter avec leurs clients actuels et potentiels et laisser ceux-ci discuter entre eux. En parlant de Barack Obama, une citation m’a frappée quand je suis allée voir la page dont parlait ma collègue. La voici :

Cette citation fait bien le lien avec la nouvelle ère publicitaire qui mise sur la valeur de chaque individu en tant que relais d'un réseau social. Il ne faut plus imposer ses produits par le biais d’un discours unidirectionnel, comme le proposait avant le marketing traditionnel : «Traditional marketing is not compatible with the social world. The social web is not just a different format; it is a completely different form of communication » (Baekdal, 2010: en ligne). L’auteur mentionne même que : «Traditional no longer works...it even works against you!»(Baekdal, 2010: en ligne), avec graphique à l’appui!

D’un autre côté, pour le consommateur internaute, il est confronté à des dangers additionnels dans sa quête de produits sur le Web. « Les internautes doivent en permanence se méfier des violeurs de confidentialité, des voleurs des numéros de carte bleue, des violeurs de système, des incubateurs de virus, des pirates de toutes sortes, des ‘spams’, des détournements de sites, de textes, d’images, des falsifications et manipulations (…)» (Ravaz, 2005 : 39). Sans compter que la publicité en ligne pousse souvent à acheter rapidement des produits avec des informations fausses, comme des produits amaigrissants.
BIBLIOGRAPHIE
Baekdal, Thomas. 2009. «How the SocialWeb Destroys Tradionnal Marketing », Baekdal.com (18 octobre 2009). URL: http://www.baekdal.com/media/traditional-marketing-social-web. Consulté le 15 juin 2010.
Bouteiller, Jérôme. 2005. «Frédéric JOSEPH, IAB : "La contextualisation de la présence publicitaire est l'une des forces de l'Internet’ » (11 mars 2005). URL : http://www.clubic.com/actualite-50741-.html. Consulté le 15 juin 2010.
Brouillette, Joanie. 2010 «Publicité en ligne», Blogue de Joanie Brouillette, Communication et changement technologique. Mai 2010. URL: http://owazis.com/blog/?m=201005. Consulté le 14 juin 2010.
Comment ça marche.net. 2010. «Introduction à la publicité en ligne». [En ligne] URL: http://www.commentcamarche.net/contents/web/publicite-advertising.php3. Consulté le 15 juin 2010.
Le Journal du Net. 2010. «e-Pub : entre technologie et contenu, la grande mutation», JournalduNet.com. [En ligne] URL:
http://www.journaldunet.com/ebusiness/publicite/analyse/070904-acquisitions-marche-pub/1.shtml. Consulté le 16 juin 2010.
Mybarackobama.com. 2010. [En ligne] URL: http://my.barackobama.com/ctl/Constituent/Login?successurl=L3BhZ2UvZGFzaGJvYXJkL3ByaXZhdGU=&_h=R7eLleNlvR32IUbri4ek40kHrFI. Consulté le 16 juin 2010.
Ravaz, Bruno. 2005. «Ordre numérique et préoccupations éthiques : vers une éthique numérique universelle?» dans L’éthique des situations de communication numérique (sous la direction de Serge Agostinelli). 2005. Paris : L’Harmattan. p. 29 à 47.
Salvi, Carine. 2008. « Cachez cette PUB que je ne saurais voir ». Branchez-vous! Bénéfice.net (6 octobre 2008). [En ligne] URL: http://benefice-net.branchez-vous.com/actubn/2008/10/cachez_cette_pub_que_je_ne_sau.html. Consulté le 15 juin 2010.
mercredi 9 juin 2010
La contextualisation : jusque dans mes choix musicaux

C’est la première fois que je cherchais un poste de radio sur Internet en faisant appel à Google. J’ai rapidement trouvé chaussure à mon pied. Mon choix s’est arrêté sur une station offerte par Aol Radio. (J’ai cliqué sur le lien de la radio tropicalissima.fm, puis j’ai cliqué sur salsa parmi l’offre de radios latines).

Une petite fenêtre publicitaire est apparue – à titre de moniteur - avec une annonce publicitaire cours de salsa, publiée par Google. La pertinence du lien était très élevée puisque les personnes qui recherchent ce genre de musique sont des danseurs de salsa ou encore sont très enclins à vouloir prendre des cours. Le ciblage géographique était aussi assez efficace puisqu’il s’agissait d’une école à Laval (que j’avais vu en prestation la fin de semaine précédente, mais je ne pense pas que Google le sache, enfin… je l’espère).
Ceci m’a fait réaliser à quel point la contextualisation des annonces publicitaires est possible sur le Web : «Le modèle du matching, intermédiation automatisée, a été inventé par les moteurs de recherche » (Corniou, 2009 : 167). Ce «matching» organise donc la rencontre informatisée des annonceurs et des espaces publicitaires : « Ces annonces publicitaires n’apparaissent donc pas suite à la requête d’un internaute mais sont diffusées de manière contextualisée par rapport au contenu du site » (Andrieu, 2008 : 255). Ainsi, ma fenêtre de radio diffusant de la musique latine a affiché une annonce de cours de danse. Aussi, j’ai réalisé comment pouvaient se financer les radios Internet lorsqu’aucune publicité n’est présentée de façon audible, dans le cas de la musique en continu : « Le financement des services sur Internet apparaît comme un domaine mouvant et innovant qui va accompagner, par de nouvelles ruptures, la transformation économique qu’induisent Internet et les multiples facettes du Web » (Corniou, 2009 : 168).
Ce qui par-dessus tout innovant, c’est que cette façon de faire ouvre le marché aux petits annonceurs puisque la tarification repose sur le coût au clic.
BIBLIOGRAPHIE
Aol radio. 2010. «http://www.shoutcast.com/radio/Cha». Consulté le 9 juin 2010.
Andrieu, Olivier. 2008. «Réussir son référencement web». Paris : Éditions Eyrolles. 302 p.
Corniou, Jean-Pierre. 2009. «Le web, 15 ans déjà… et après?» Paris : Dunod. 203 p.
Tropicalissima.fm. 2010. «http://www.shoutcast.com/radio/Cha». Consulté le 9 juin 2010.
dimanche 6 juin 2010
Rabaska : Le poids de l’opinion populaire face au lobby industriel

Vous vous souvenez sûrement, à moins que vous ayez été à l’extérieur du Québec pendant des mois, de la controverse du projet Rabaska. Réunissant Gaz Métro, Enbridge inc. et Gaz de France, le projet Rabaska prévoyait la construction, au coût de 840 millions de dollars, d'un terminal méthanier dans l'est de Lévis.
Une commission d’enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) rendra public un jugement favorable à l’implantation d’un terminal méthanier à l’été 2007. Par la suite, le gouvernement du Québec donnera son accord en octobre de la même année, ainsi que le gouvernement fédéral, en mars 2008.
Même si le projet a obtenu un décret favorable des gouvernements provincial et fédéral, les groupes de pression ont tout de même réussi à retarder sa construction. Prévu à l’origine pour être en chantier dès 2009, il ne s’est toujours pas concrétisé et certains se demandent même s’il verra le jour, étant donné notamment les conjonctures économiques et le désistement du producteur gazier Gazprom dans le projet à l’été 2009.
David contre Goliath
Plusieurs groupes se sont formés ou rassemblés afin d’avoir davantage de poids sur la place publique. Dans le processus, des assemblées de cuisine ont muté vers la formation de petits groupes plus organisés. Aussi, des groupes environnementaux ainsi que des partis politiques ont pris position. Des manifestations publiques ont été organisées, en plus du lancement d’un film en plus de nombreux communiqués émis.
Les médias traditionnels ont pris longtemps le parti de Rabaska avant d’être contraint par l’opinion publique de se rallier aux opposants. Pendant ce temps, les groupes organisés et spontanés anti-Rabaska ont pu profiter de la tribune du Web.
Même si les journalistes ont, en théorie, un rôle de chien de garde de la démocratie, des auteurs affirment que certaines mesures de contrôle interne de l’information existent et sont efficaces. Coulter mentionne à ce sujet, dans le contexte américain de la guerre en Iraq : « The vast majority of news is produced by a handful of owners, whose interests need to be protected. Washington and professional journalism engage in a symbiotic relationship that precludes true objectivity. This means that Americans are guided by corporate interests » (2009 : 55).
Rapprochement des médias de la classe politique
Il est intéressant de réfléchir à ce qui a fait évoluer la prise de position des médias durant la bataille de Rabaska, par rapport à d’autres cas de propagande, tels que la guerre en Iraq. Dans ce dernier cas, les médias américains ont majoritairement intégré le discours du gouvernement en place à l’effet que les États-Unis devaient combattre le terrorisme afin de protéger sa population. Il semble également que dans le cas de Rabaska, les médias traditionnels ont tout simplement intégré le discours qui était le plus vendeur et qui faisait le plus large consensus auprès de la classe politique.
Le Web, une porte de sortie pour la démocratie
Pendant le débat sur Rabaska, les internautes ont pu regarder des extraits vidéo disponibles sur Youtube. La voix des «vedettes» appuyant la cause ayant été plutôt ténue dans les médias traditionnels, les personnalités s’étant jointes à la cause anti-Rabaska ont eu un souffle supplémentaire sur Youtube. Voici le témoignage du chanteur et musicien Yves Lambert.
Il est intéressant de voir aussi les points de vue de sketches humoristiques ou d’émission de télévision qui sont relayés par Youtube.
Le Collectif Stop au méthanier (CoSAM) a mis sur son site Web un manifeste auquel était jointe une pétition en ligne. Bien que la valeur de la pétition était peu significative par rapport à celle papier, elle démontrait tout de même l’appui du public pour la cause des « contre » Rabaska.
Le site du CoSAM a aussi permis aux opposants du projet de réagir sur les articles de presse et également de publier les articles de presse favorable à la cause.L’enjeu principal illustré dans la bataille de Rabaska est celui du pouvoir citoyen. Il pourrait être également intéressant de comparer si les militants opposés à Rabaska avaient eu la même chance de retarder le début du projet dans un système politique autre que démocratique, là où même le Web est censuré.
COULTER, Elizabeth. 2009. «Co-producers of illusion: How the media laid the framework for America's rush to war in Iraq, M.A. dissertation, Lehigh University». Pennsylvanie, États-Unis, 63 p.
Germain-Therrien, Chloé. 2009. «Rabaska: Le Navire Maudit - Yves Lambert», 2 novembre 2009.
http://www.youtube.com/watch?v=g41CkUAMFyk. Consulté le 6 juin 2010.
Les Francs Tireurs. 2008. «Les Francs Tireurs : Le projet Rabaska 1/2», le 20 novembre 2008. http://www.youtube.com/watch?v=e9LKKeEKxPI. Consulté le 6 juin 2010.
Collectif Stop au Méthanier. 2008. Morceaux choisis. «http://stopaumethanier.acio.qc.ca/?page_id=74». Consulté le 6 juin 2010.
Prenez Garde aux Chiens. 2009. «Rabaska... Le sketch», le 9 avril 2009. «http://www.youtube.com/watch?v=3ASDqXRDRf4». Consulté le 6 juin 2010.
samedi 5 juin 2010
Évolution de la télé et de son auditoire
Un clin d'oeil laissé par notre professeur dans le site du cours Communication publique et TIC.