Internet fut accessible au grand public en 1993, et déjà, en 1997, Google faisait son apparition, éclipsant les moins performants Yahoo!, AltaVista, HotBot ou Lycos.
Google a fait sa niche dans nos sociétés carburant de plus en plus à l’instantanéité : «users have grown to expect that the responses to their search queries will be returned in less than one second» (Enge et coll., 2009 : consulté en ligne). Il est même devenu notre principal point d’accès à la Toile. «Google a sur magistralement utiliser notre besoin de simplicité », de dire le groupe de chercheurs Ippolita (2008 : 7).
L’essentiel des revenus de Google provient essentiellement de deux formes de p
ublicité. La première est celle des «AdWords». Cette publicité figure sur la page de résultats de recherche et est payable au clic. L’autre source de revenus de Google provient des «AdSense», qui sont des liens commerciaux cette fois stratégiquement placés sur d’autres sites. Les AdWords et AdSense ont été inventés par Google.Il existe deux types de référencement, le référencement naturel ou organique et le référencement payant, avec un coût par clic (CPC).
Lien entre Google et la communication publique
De l’imprimé au Web
Passer de la publicité imprimée à l’affichage publicitaire Web a déjà été un virage bouleversant pour les communicateurs. Maintenant, c’est une tâche vertigineuse que de déterminer quelle portion d’effort et d’argent l’on doit consacrer aux différentes tactiques Web. Tout cela, en s’assurant que tous ces éléments s’harmonisent avec la publicité hors ligne.
Les différentes tactiques Web (Dynamic Logic, cité par Carat, 2006)
Les études ont démontré que les gens qui cherchent de l’information sur les moteurs de recherche s’arrêtent aux résultats affichés dans la première page. D’où l’importance pour le communicateur qui souhaite optimiser sa présence sur le Web d’être à l'affût des moyens d’augmenter son référencement organique.
Influence dans le placement publicitaire
Les résultats d’une étude de 2006 publiée dans le magazine Interactif au max sur les revenus publicitaires en ligne révélaient que «le marketing par moteur de recherche est rapidement devenu un des deux premiers choix pour les spécialistes canadiens du marketing interactif (les publicités graphiques occupent partout la première place)» (Rendon, 2007 : 15).
Par ailleurs, les mots payables au clic permettent d’ouvrir le marché à des annonceurs à petit budget. Cela est un facteur non négligeable pour quiconque a à gérer un budget média : « Si elles doivent (les marques) faire un choix, elles seront plus disposées à conserver le budget alloué à Google et à couper dans d'autres » (Corniou, 2009 : 173).
Application dans le domaine de la communication publique : optimiser son référencement
Dans le domaine de la pratique de la communication publique, certaines pratiques sont de plus en plus maîtrisées par les communicateurs qui se soucient du trafic sur leur site Web. Nous parlerons particulièrement de l’achat de mots clés, ou le « Search engine marketing » (SEM) et de l’optimisation du référencement.
Rédaction du site Web
Suivant les bons conseils de leur agence, les rédacteurs feront en sorte que la présence des mots clés sur le site Web influence positivement le classement des expressions achetées sur Google. Le rédacteur devra toutefois faire attention à ne pas dénaturer la nature de son contenu ni à se faire suspecter par les moteurs de recherche : « Getting keyword density right—enough so that your SEO goals are achieved, not so much that the search engines are "offended"—is a key goal of core SEO practice. » (Davis, 2006 : consulté en ligne sous «Site and Page Design»).
Attention, pas moyen de tricher : on peut être exclu des annonceurs de Google pour un bon moment si on use de stratèges jugés illégaux comme des mots clé transparents sur sa page Web.
Évaluation facile et nécessaire
Bien que l’évaluation ait longtemps été la partie pauvre des plans de communication, le SEM est tellement précis qu’il encourage cette pratique. On peut savoir quelle proportion d’internautes a cliqué sur notre mot, le classement de nos liens sur la page de résultats, le coût moyen par clic, etc. Si on utilise des applications comme Google Analytics sur notre site Web, il est possible de connaître le temps passé sur notre site, le nombre de pages visitées, la provenance géographique, etc. L’évaluation de la campagne se base sur le nombre de personnes ayant complété la « transaction » désirée. Cet objectif peut varier : de l’achat en ligne au temps passé sur le site Web, en passant par le nombre de pages vues.
L’évaluation devient même un incontournable pendant la campagne, puisque l’on doit ajuster nos mots clés au fil des semaines selon leur performance. Par exemple, si on voit que des mots causent beaucoup de clics, mais sont liés à un haut taux de rebond, il sera possible de s’ajuster.
Avoir rapport!
Pour montrer des résultats qui correspondent aux recherches des utilisateurs, Google nous oblige aussi à être pertinents : «Because the search engines’ success depends so greatly on the relevance of their search results, manipulations of search engine rankings that result in non-relevant results (generally referred to as spam) are dealt with very seriously» (Enge et coll., 2009, consulté en ligne sous «The Human Goals of Searching»).
Aussi, il faut bien cibler le «ad-text», texte descriptif qui accompagne le mot clé, en tenant compte de certaines contraintes techniques de rédaction. Parmi tous les mots utilisés, Google retiendra les descriptions qui génèrent le plus haut taux de clics. On pourrait également parler des titres de page, des noms donnés aux images sur notre site, aux «tags», etc. Bref, il faut être clair, concis et… honnête : « On en revient donc toujours à la même conclusion : faites des pages avec du vrai contenu, intéressant, original, en texte lisible » (Andrieu, 2008 : 107).
Il faut, par-dessus tout, fournir de l’information à jour : «Selon que le visiteur passera plus ou moins de temps sur une page, celle-ci sera considérée comme pertinente ou dépassée » (US Patent and Trademark Office, 2007 : consulté en ligne sous «Brevet du PageRank»).
Bref, investir dans le référencement de son site Web est non seulement une question d’argent, mais aussi une leçon de pertinence et d’assiduité.
Critique : une trop grande importance accordée aux moteurs de recherche?
Le chroniqueur et fondateur du magazine baekdal.com, portant sur le Web 2.0, Thomas Baekdal, affirme que les médias sociaux pourraient remplacer Google (ou du moins son moteur de recherche). En d’autres termes, le fait d’être présent sur les moteurs de recherche serait bientôt une considération secondaire.
Alors que la plupart des créateurs de contenu sur Internet souhaitent simplement savoir combien de personnes sont venues sur leur site et leur provenance, le véritable intérêt serait désormais la communication causée par ce contenu : « You need to tab into not only the content that people post about you, but also the communication that is taken place with it» (Baekdal, 2009 : consulté en ligne sous «Notes»). Pour illustrer ce propos, l’auteur avance qu’une partie significative de ses articles n’est pas lue sur son propre site Web.
De plus, du total des internautes ayant visité son site, 2 % provenait du Web social, en 2005, pour passer à 65 %, en 2009.
Évolution de la provenance des internautes sur le site Web de Thomas Baekdal.
Source: Baekdal.com, 2009
Par ailleurs, le fait d’être le premier «trouvé » ne garantit rien. Corniou illustre ce fait en citant une étude menée conjointement par l’agence Fleshman-Hillard et la société d’études Harris interactive en France, en Allemagne et au Royaume-Uni : « Pour l’achat d’un téléviseur à écran plat par exemple, les consommateurs des trois pays couverts sont en moyenne 49 % à recherche l’avis d’autres internautes pour finaliser leur décision, alors qu’ils ne sont que 42 % à consulter le site Internet des fabricants » (2009 : 81).
Bref, la référence des internautes serait maintenant un meilleur objectif qu’un bon référencement…
Conclusion
Google… sur le Web social
Afin de ne pas se faire couper l’herbe sous le pied par d’autres moteurs de recherche et d’autres portails Web, Google ne cesse de développer des applications.
Google vise maintenant à être présent sur le Web social. Il vient de créer Orkut, un portail qui vise à «aider les gens à entrer en relation, à rester en contact et à former des communautés conviviales autour d'intérêts communs » (Orkut, 2010, consulté en ligne sous «À propos de Orkut»). Bref, après avoir volé la vedette à Alta Vista et autre, peut-être fera-t-il de même pour Facebook et Twitter!
Mériter son média
Même si les moteurs de recherche ne sont plus ce qui est le plus important selon certains spécialistes du marketing Web, il reste que la pertinence reste le mot d’ordre. Il faut répondre aux besoins des utilisateurs avant tout. La blogueuse québécoise de renom, Michelle Blanc, dit à ce sujet : « L’idée maîtresse est que vous devez « mériter » le média (média social) plutôt que de tenter de l’acheter. Vous y mettrez de l’argent tout de même parce que les ressources ne sont pas gratuites, mais les abonnés/interlocuteurs y viendront parce qu’ils vous trouvent pertinent » (2010, consulté en ligne sous «Web.2.0»).
Web social, marketing social?
Finalement, Google ou Facebook, il reste que le Web rejoint encore la clientèle des plus aisés : «Autrement dit, les Canadiens privilégiés sont en ligne, tandis que leurs compatriotes moins chanceux ne le sont pas» (Middleton, et Sorensen, 2005, en ligne, sous «Abstract»). Ce n’est pas donc pas la seule place à aller si on veut faire du marketing social, notamment.
Bibliographie
Andrieu, Olivier. 2008. «Réussir son référencement web». Paris : Éditions Eyrolles. 302 p.
Corniou, Jean-Pierre. 2009. «Le web, 15 ans déjà… et après?» Paris : Dunod. 203 p.
Ippolita. 2008. «La face cachée de Google». Paris : Éditions Payot et Rivages. 232 p.
Baekdal, Thomas. 2009. «Is Social Taking Over Google?» Baekdal.com. En ligne le 26 mai 2009. URL: http://www.baekdal.com/articles/google-social-shift. Consulté le 21 mai 2010.
Carat. 2010. Formation «Internet - moteurs de recherche, Université Laval le 26 avril 2010». Québec.
Blanc, Michelle. 2010. «Quatre raisons pourquoi votre marketing médias sociaux est poche». Michelle Blanc, Réflexions, veille et stratégies de gestion et marketing Internet. URL : http://www.michelleblanc.com. Consulté le 26 mai 2010.
Comment ça marche.net. 2010. «Promotion d’un site Web. Introduction au marketing ». URL : http://www.commentcamarche.net/contents/web/promotion.php3. Consulté le 23 mai 2010.
Davis, Harold. 2006. «Search Engine Optimization: Building Traffic and Making Money with SEO». URL: http://proquest.safaribooksonline.com/0596527861/ch01lev1sec1#X2ludGVybmFsX0ZsYXNoUmVhZGVyP3htbGlkPTA1OTY1Mjc4NjEvNDEmaW1hZ2VwYWdlPTQx. Consulté le 24 mai 2010.
Enge, Éric, Stephan Spencer, Rand Fishkin and Jessie C. Stricchiola. 2009. «The Art of SEO». URL: http://proquest.safaribooksonline.com/9780596518868?uicode=univlaval.
Consulté le 23 mai 2010.
Rendon, Paul-Mark. 2007. «Choisir la bonne combinaison». Marketing Magazine et Interactive advertising bureau of Canada. Interactif au max 2007.
Orkut. Orkut, Google. 2010. URL : http://www.orkut.com. Consulté le 26 mai 2010.
US Patent and Trademark Office. 2010. Comment Google attribue un score à une page Web. US Patent and Trademark Office. URL : s http://www.scriptol.fr/seo/brevet-google-pagerank.php. Consulté le 23 mai 2010.
Middleton, Catherine A, Christine Sorensen. 2005. How Connected Are Canadians? Inequities in Canadian Households' Internet Access. Canadian Journal of Communication. URL : http://www.cjconline.ca/index.php/journal/article/view/1656. Consulté le 26 mai 2010.


