dimanche 14 juillet 2013

L'intégration des communications, voir au-delà de ce qui nous sépare entre communicateurs et gens de marketing

Je suis une pure et dure des coms; je déteste quand on me dit que je fais du marketing... non mais je ne suis pas dans la vente, mais dans la relations avec les différents publiques! Je me questionnais aussi, dans mon essai, sur la place que devait occuper les médias sociaux sociaux au coeur d'une organisation : sous les RP ou encore avec le marketing et la pub? Cet article a fait évoluer ma façon de voir les choses, sans toutefois y trouver une réponse toute faite. Bonne lecture, et désolée de la saveur plutôt «universitaire», mais je croyais pertinent de garder cette rigueur :)


Smith, Brian G.  19 juin 2012. Communication integration : An analysis of context and conditions,
In Public Relation Review 38 (2012) 600-608

Fiche de lecture

L’auteur veut démontrer l’importance de l’organisation du travail dans l’intégration des activités de marketing et de relations publiques, sachant que la principale différence entre les deux disciplines réside dans les publics cibles, le marketing étant intéressé par les ventes et les relations publiques par tous les publics qui ne sont pas déjà des clients. Toutefois, avec notamment la venue des médias sociaux, la communication intégrée devient incontournable. Cet article s’adresse aux professionnels de la communication et du marketing, ainsi qu’aux étudiants et chercheurs du domaine.

Revue de littérature – cadre théorique

Smith expose les deux façons dont la communication intégrée a été traitée dans la littérature, soit comme un processus plutôt mécanique et l’autre comme une philosophie.

Dans les recherches sur les modèles d’intégration, on dénote que l’intégration peut être orientée vers le marketing ou encore davantage vers les relations publiques, selon le type d’organisation. Smith conclut que les chercheurs sont d’accord sur le fait qu’aucun modèle ne convient en toutes circonstances et que l’organisation devrait simplement utiliser celui qui sert le plus les objectifs de l’organisation. Smith souligne la divergence d’opinions entre certains chercheurs qui mettent de l’avant le fait que le marketing doit se réinventer comme une seule fonction de relations publiques et d’autres, qui se préoccupent de la diminution de l’importance du rôle joué des relations publiques dans le cadre d’une union avec le marketing.

L’auteur met de l’avant que la fusion des fonctions de communication est plus que jamais d’actualité avec l’émergence des technologies digitales, en particulier les médias sociaux. Les deux fonctions luttent pour s’adapter et la communication intégrée a même été vue comme une réponse à l’émergence de la communication digitale étant donné le chevauchement des rôles et disparition des barrières entre les disciplines.

Smith fait le constat, après cette revue de littérature, qu’il est possible que l’intégration de la communication représente davantage une philosophie managériale qui démontre un pont entre les deux disciplines plutôt que l’étude des frontières entre elles.

Démarche méthodologique

Smith fait d’abord une revue de la littérature scientifique à l’aide de plusieurs articles et ouvrages d’auteurs du domaine du marketing et des relations publiques afin de théoriser l’esprit de l’intégration et de mieux définir le concept de communication intégrée.  Avec ces considérations, Smith entreprend une étude de cas pour décrire la façon dont ces éléments contextuels soutiennent l’intégration des communications. L’exemple choisi est un centre hospitalier du sud des États-Unis reconnu nationalement. Smith interroge dix professionnels des communications de l’hôpital, incluant le directeur du marketing, le directeur des relations publiques, le directeur et leurs employés. L’auteur décrit la structure des services de communication ainsi que leurs caractéristiques.

Résultats

Smith démontre que selon les études sur le sujet, une structure organisationnelle ouverte qui accorde de la valeur au dialogue, à la flexibilité et à la collaboration, comme l’a déjà montré Grunig (2002) dans son étude sur l’excellence, peut faciliter l’intégration.

Smith met de l’avant une perspective postmoderniste des communications ayant différents principes comme le refus de faire les choses d’une seule façon, ou la sensibilité aux groupes marginalisés. De plus, l’environnement des organisations qui est de plus en plus complexe nécessite une variété d’outils et un contrôle décentralisé, contrairement à l’idée reçue que l’intégration nécessite une seule structure de contrôle. De plus, l’auteur remarque que, même si l’intégration des communications à l’hôpital fut initiée par la direction, elle est opérée du bas vers le haut (bottom up).

À partir de son étude de cas, Smith présente une liste de facteurs pour illustrer l’intégration des communications dans une organisation. Il les divise selon qu’ils sont d’ordre mécanique ou philosophique. L’auteur croyait qu’ils seraient difficiles d’identifier les variables décrivant la philosophie, mais il constate le contraire. Par exemple, dans l’étude de cas, le système social ouvert est notamment démontré par les conversations informelles ou le niveau de confiance entre les praticiens des deux disciplines.

Le recours à la connaissance des individus et à leur jugement est aussi un facteur clé dans l’intégration des communications qui a été perçu par Smith.  Aussi, la flexibilité est en général très prisée dans les communications de l’hôpital notamment pour occuper des rôles hybrides qui transcendent les lignes départementales.

Dans un contexte où la priorité de l’hôpital est de servir les intérêts des patients, la communication de l’organisation semble poursuivre cette mission et influence l’intégration des services.

Discussion

L’une des perspectives les plus intéressantes amenées par l’étude de Smith, et qui va à l’encontre de son cadre théorique, réside dans le fait que les services de communication d’une organisation peuvent être décentralisées tout en étant considérées comme intégrées. Dans le cadre de son programme d’excellence en relations publiques, Grunig (2002) mentionne que les relations publiques doivent avoir des fonctions distinctes du marketing et que l’une ne pourra jamais faire les tâches de l’autre sans nuire à la mission de l’organisation. Avec comme cas de figure l’hôpital analysé par Smith, où les deux fonctions sont chapeautées par un département différent, on peut se demander si la gestion divisée des communications et du marketing n’est pas à considérer comme un obstacle à l’intégration, mais plutôt une valeur ajoutée. De plus, il se peut que cet exemple soit assez éloquent pour nuancer les revendications de Grunig[1] dans une ère où les médias sociaux obligent les deux disciplines à collaborer.

Dans une autre étude, il serait intéressant d’évaluer concrètement les impacts de ces efforts de communication intégrée auprès des publics plutôt que de s’attarder exclusivement aux résultats perçus par la direction et les praticiens à l’interne.




[1] Grunig, Larissa, A. 2002. Excellent Public Relations and Effective Organizations : A Study of Communication Management in Three Countries. Mahwah, N.J. : Lawrence Erlbaum, 653 p.

Fin de maîtrise

Enfin terminée, la maîtrise. Du temps libre... un poids de moins sur les épaules et beaucoup plus de bagages et d'idées dans la tête! Les 90 pages de mon essai pour le titre de «Maître es Arts» derrière moi, je peux profiter de l'été. Enfin, beaucoup plus que l'an passé!

Ah oui, mon sujet d'essai était le suivant : la planification de l'intégration sur les médias sociaux. J'ai réalisé une analyse de cas chez deux organisations issues du domaine des transports. Je me suis intéressée à l'apport des stratégies émergentes (qui naissent au fur et à  mesure), par rapport à celui des stratégies délibérées (les stratégies existantes dans la planification initiale). Mon constat final : la clé réside dans l'intégration des stratégies. Il faut que les médias sociaux ne soient pas la dernière roue du carrosse, mais voilà, que les gestionnaires des médias sociaux conçoivent la stratégie de marketing et de communication dès les débuts de la planification d'une campagne ou d'une activité.

J'ai découvert un tas d'auteurs qui sont maintenant des sources d'inspirations pour moi. Ils sont du domaine du management, du marketing ou des relations publiques. J'aimerais vous les faire découvrir à l'aide de quelques fiches de lecture que j'ai réalisées parallèlement à mes repères théoriques pour mon essai.

Ceux qui m'ont le plus inspirés sont Henry Mintzberg, illustre chercheur en management et critique de la planification formelle, James Grunig, chercheur en relations publiques à la base de la norme d'excellence en relations publiques, et Brian Solis, spécialiste du marketing et des médias sociaux et auteur de nombreux ouvrages dont Engage!

Voilà, je souhaite vous faire découvrir des articles et ouvrages créés par eux ou inspirées par leurs travaux.

Bon été!

jeudi 14 juillet 2011

Présentation très intéressante pour planifier ses communications Web

Bonjour!
Beaucoup de temps passé sans venir ici. Je n'ai pas chômé par contre. Nous avons livré notre nouveau site Web à la Faculté de médecine dernièrement et je poursuis ma quête d'information pour mon essai de maîtrise dont le sujet touchera l'importance de la planification sur les médias sociaux.

Je vous partage ici une présentation que j'ai trouvé très parlante et «sur la coche» par rapport à tout ce que j'ai déjà lu.

dimanche 30 janvier 2011

Google vs Bing


En lisant une chronique du Grenier qui traitait du succès du SEO par rapport aux SEM, ainsi que par rapport au Marketing social, je me suis questionnée sur l'émergence d'un moteur de recherche qui détrônerait Google. On y apprenait que Bing aurait sous peu un partenariat avec Microsoft. On verra donc les commentaires de nos amis et le nombre de «Likes» s'afficher dans les résultats de recherche.
Je ne sais pas s'il est à prévoir que Bing surpassera Google.


Toutefois, il est clair que Facebook mène une dure guerre à Google. Le géant utiliserait sinon déjà Facebook pour rehausser les résultats de recherche. Il devient incontournable que l'avenir passe par la popularité des entreprises au sein du Web 2.0. Je parie que Google prépare quelque chose...

lundi 18 octobre 2010

Ce qu'il faut dire à ses patrons sur Twitter

J'ai été impressionnée par le condensé de tout-ce-qu'il-faut-dire-à-tes-boss au sujet des médias sociaux de Étienne Chabot, responsable marketing de Meubles South Shore.

Appréciez vous-même!

mardi 21 septembre 2010

Comment ça marche le classement Google

Une vidéo qui explique en détail comment marche le référencement sur Google. Il paraît que la recette exacte pour être le numéro 1 sur Google c'est comme la recette du Général Flanders, c'est top secret.


L’écriture Web et le référencement

La lecture à l’écran a ses propres contraintes. La technologie multiplie l'accès à l'information. De solides notions de rédaction professionnelle sur Internet sont importantes pour le professionnel voulant se démarquer. En plus des notions d'écriture sur Internet, le rédacteur doit bien connaître certaines règles facilitant le référencement optimal de son site Web. Il sera question dans ce texte de quelques bons principes de rédaction et de référencement. Nous mettrons ainsi en relief ces deux disciplines, et surtout, leur complémentarité.

Bons principes d'écritures Web

Simplicité

Sur le Web, il faut aller droit au but. Le communicateur doit annoncer d'emblée de quoi il traite, être informatif et concis. Ronez propose une règle assez drastique : « Pour tout texte sur l’écran, écrire sur une longueur 50 % plus courte que sur papier » (2007 : 58). L’auteur privilégie également une idée par phrase, avec la forme « sujet, verbe, complément ».

Kavanagh prévient les rédacteurs qu'il faut éviter le plus possible le langage administratif et les tournures impersonnelles : « Adressez-vous directement aux personnes qui vous liront, écrivez comme si vous tentiez de leur expliquer quelque chose » (2003 : 18).

Culture du fragment

L'internaute lit par niveau : le titre, le sous-titre, le chapeau et le texte. Rien de nouveau puisque cela est semblable sur le papier. Ce qui est différent, selon Ronez, c’est l'importance de créer des liens entre ces différents éléments : « Le rédacteur Web doit, une fois sa page écrite, travailler sur l’ensemble des microcontenus (auquel on pourra rajouter des métadonnées ou des mots-clés) afin de rendre le tout cohérent » (2007 : 60). Sur le Web, ces microcontenus incluent notamment :

  • titre et sous-titre;
  • l’accroche (apporte un complément d’information sous le titre cliquable);
  • le chapeau (coiffe l’article et complète le titre et l’accroche);
  • les légendes (sous les images);
  • les infobulles (texte qui s’affiche au survol de la souris);
  • les liens hypertextes.

Éloquence des titres

Le titrage des articles revêt une importance particulière. Ronez (2007) conseille de dire minimalement de qui et de quoi il s’agit et où cela se passe. Les jeux de mots avec des expressions maintes fois utilisées telles que « La lumière fût », les mauvais calembours ou encore les expressions reprenant des titres de films n'ont pas leur place. Selon l'auteur, le problème principal est que le titre à caractère incitatif sera non seulement affiché au-dessus du texte, mais va aussi se retrouver sur la page d’accueil du site Web, dans un sommaire et dans les résultats de recherche des moteurs. Ainsi, il s'avère plus difficile d'interpeller l'internaute par un contenu portant à confusion et noyé à travers une marée d'expressions similaires. « Le titre doit avoir une signification en lui-même, il doit être autonome et comporter les mots-clés qui permettront de désigner efficacement le contenu de l’article » (Ronez, 2007 : 64).

Toutefois, Ronez (2007) nuance ses propos sur la valeur du ton informatif lorsqu’il s’agit de contenus créatifs, tels que les blogues et les articles d’opinion. Ces textes et leurs microcontenus doivent, selon lui, refléter la personnalité de l’auteur.

Accrocher

Le rédacteur Web doit exploiter les habitudes du surfeur de la Toile qui cherche à savoir rapidement s'il est au bon endroit, et ce, avant même de cliquer sur le lien. L’accroche poursuit cet objectif en apportant une explication additionnelle au titre. Apparaissant sous le titre cliquable, elle ne doit pas dépasser 120 mots et doit être rédigée après le chapeau, « en coupant ce qui n’est strictement pas nécessaire » (Ronez, 2007 : 72). Cette étape est souvent escamotée puisque les systèmes de gestion de contenus (les CMS) remplissent par défaut cette zone avec les premiers mots de la page. L’auteur conseille alors de rédiger des textes spécifiques et autonomes conçus pour cette fin précise. Pour ceux tentés de jouer la carte du mystère, Ronez fait cette mise en garde : « De nombreux éditeurs de sites entretiennent volontairement le flou sur le contenu, en jouant sur la logique du teasing (…). Cette approche est a priori contre-productive » (2007 : 72).

Légende incontournable

Pour ce qui est des légendes, il n'y a aucune raison selon Ronez (2007) de ne pas en inclure sous toutes les images avec le contexte, la date et l'auteur. Comme quoi, l'utilisation du Web ne serait pas un prétexte pour faire du « remplissage » sans citer ses sources.

Mystérieuses infobulles

Les infobulles permettent de livrer des détails complémentaires ne pouvant être contenus dans la zone cliquable tout en créant une connivence avec le lecteur. « Cette ironie réservée aux initiés est toujours appréciée » (Ronez, 2007 : 75). Elles sont souvent sous-utilisées, bien que la modération soit de mise dans les sites institutionnels et corporatifs.

En plus de l'infobulle qui peut livrer une description ou un commentaire personnel, le lien lourd, ou infobulle enrichie, est également une avenue intéressante pour le communicateur. Ce microcontenu permet de faire figurer une courte introduction et une photo dans un encadré apparaissant au passage de la souris. « L'intérêt est de faire gagner du temps au lecteur, en lui permettant d'approfondir sa recherche de détails sans lui faire quitter la page » (Ronez, 2007 : 77).

Troisième dimension du Web

L'utilisation pertinente de l'hyperlien permet de donner une 3e dimension à la page Web, donc d'exploiter au maximum le médium qu'est Internet. En plus des hyperliens incontournables (comme lorsque l'on parle d'un site Web ou d'un auteur), Ronez (2007) mentionne des erreurs courantes telles que d'inclure un hyperlien vers un terme qui n'a rien à voir avec le contenu principal (par exemple si on met un lien sur le mot « fromage » dans un texte traitant de politique), en passant par le fameux « cliquez ici » et les liens menant vers des PDF sans prévenir. Il mentionne également qu'il faut éviter d'éparpiller l'attention du lecteur avec trop d'hyperliens. À l'inverse, limiter les chances de sorties de l'usager en réduisant le nombre d'hyperliens est totalement injustifié, tout comme de faire en sorte que les liens s'ouvrent dans une autre fenêtre. « S'il a (l'utilisateur) de bonnes raisons de rester, il le fera. Et puis s'il trouve sur le site des ressources valables, il saura se rappeler qui en a été la source » (Ronez, 2007 : 78).

Pour leur part, Chevalier et Tricot donnent une mise en garde sur la difficulté de lecture que les liens hypertextes apportent au lecteur : « Les hypertextes imposent généralement un effort cognitif et un contrôle métacognitif très important » (2008 : 52). Pour pallier cela, Kavanagh (2003) suggère d'insérer les hyperliens à la fin du paragraphe. Il encourage aussi de privilégier une liste à puce plutôt que de faire une énumération de liens dans la syntaxe du texte.

Pour ce qui est de la valeur des hyperliens en matière de référencement Web, Andrieu remet les pendules à l'heure : « Le nombre et la destination des liens de vos pages ne leur serviront donc pas à être mieux classées sur les moteurs de recherche » (2008 : 101). Il ajoute : « Seuls les liens pointant vers vous seront pris en compte » (2008 : 102).

De bonnes pratiques de rédaction améliorant le référencement

Les similitudes entre la pratique de la rédaction professionnelle adaptée au Web et les bons gestes pour optimiser son référencement sont nombreuses.

Notion de base

Andrieu (2008) présente une analogie intéressante entre le référencement d'un site Web et la vente dans un supermarché. Il explique que le simple fait qu'un produit soit présent sur les tablettes indique qu'il est trouvable, donc « référencé » parmi des milliers d'autres. Pour vendre plus de certains produits, on les place au niveau des yeux pour les rendre plus facilement repérables par les consommateurs potentiels, d'où le second concept clé, le positionnement. Bref, être simplement répertorié est une chose, mais il faut appliquer certaines stratégies pour se démarquer du lot en matière de référencement Web. Par ailleurs, le fabricant peut payer pour avoir un présentoir... comme nous pouvons le faire sur Google.

Mots clés et tags

Afin d'être bien répertorié, il est recommandé d'inclure les mots clés cherchés par les internautes sur nos pages Web. Il importe de se mettre à la place de l'utilisateur plutôt que de se limiter à son jargon organisationnel. Par ailleurs, Ronez (2007) mentionne que les mots clés présents dans les titres ont plus d'importance pour les moteurs de recherche que ceux dans le reste de la page et qu'il est avantageux de les placer en début de page. Quant à l'utilisation des tags, étiquettes données par le rédacteur et d'autres contributeurs (au sein de blogues, d'objets multimédias, de liens dans des sites de médias sociaux et de bookmarking), ils sont des pivots de navigation au sein du site.. « Les mots clés présents dans le site sont ensuite restitués sous forme de nuage de tags (tag cloud) où la taille du caractère dépend de la fréquence d'utilisation du tag » (Ronez, 2007 : 92). Selon l'auteur, cette classification permet « de rationaliser le volume et la nature des contenus » dans un contexte de surabondance d'information. Toutefois, Friedman mentionne qu'elle n'améliore pas toujours la navigation à l'intérieur du site, mais suggère plutôt les sujets principaux et les plus populaires : « In fact, the main advantage of tag clouds lies in their ability to highlight the most important or/and popular subjects dynamically which is not the case in conventional navigation menus» (Friedman, 2007 : consulté en ligne). Pour ce qui est du référencement, ils permettent également d'associer des pages entre elles par l'entremise de flux RSS ou par le site Technocrati

En plus des mots clés et au-delà du texte, il existe quelques notions techniques permettant de donner plus d'efficacité au référencement des pages d'un site tel qu'adopter une adresse URL adaptée, un corps de texte lisible par les moteurs et des balises META (mots descriptifs invisibles, mais repérables par les moteurs), des liens bien pensés entre les pages internes du site et des attributs ALT (pour fournir un équivalent texte aux images).

Ce processus doit être rigoureux. On accorde souvent une attention particulière à la page d'accueil et on délaisse l'indexation des autres pages. Le site Commentçamarchet.net fait cette mise en garde : « ce sont généralement les autres pages qui contiennent le contenu le plus intéressant. Il est donc impératif de choisir un titre, une URL et des métas (etc.) adaptés pour chacune des pages du site » (2010, consulté en ligne).

Placements publicitaires sur Google

Le rédacteur fera en sorte que la présence des mots clés sur le site Web influence positivement le classement des expressions achetées sur Google. Il devra toutefois faire attention à ne pas dénaturer la nature de son contenu ni à se faire suspecter par les moteurs de recherche : « Getting keyword density right—enough so that your SEO goals are achieved, not so much that the search engines are "offended"—is a key goal of core SEO practice. » (Davis, 2006 : consulté en ligne).

L’évaluation devient un incontournable pendant la campagne de publicité puisque le communicateur peut ajuster ses mots clés au fil des semaines selon leur performance. Par exemple, s'il s'aperçoit que des expressions causent beaucoup de clics, mais qu'elles sont liées à un haut taux de rebond, il pourra corriger le tir, soit en rendant plus conviviale sa page d'atterrissage ou en modifiant ses mots clés. Cette évaluation est importante puisqu'avec les campagnes Google, la donne change tous les jours. « Il faut bien suivre et mesurer une campagne de coût par clic pour être en mesure de faire les ajustements nécessaires qui s’imposent par l’évolution du marché de notre mot clé » de dire Lachapelle (2009 : consulté en ligne).

La rédaction entrera également en cause dans le créatif (adtext) accompagnant le keyword : « L’annonce doit convaincre l’internaute de la pertinence de cliquer sur l’annonce. Plus notre annonce sera cliquée, mieux elle se placera et moins elle coutera cher » (Lachapelle, 2009 : consulté en ligne). Parmi tous les adtexts utilisés, Google privilégiera ceux qui génèrent le plus haut taux de clics et un faible taux de rebond.

« Garder » l'utilisateur, un défi de rédaction...

Pour éviter des rebonds qui nuisent à l'indexation organique et publicitaire dans les moteurs de recherche, la rédaction doit être honnête et appropriée. Il faut s'assurer de capter l'attention du lecteur lors de son arrivée sur la page et de maintenir l’information à jour : « Selon que le visiteur passera plus ou moins de temps sur une page, celle-ci sera considérée comme pertinente ou dépassée » (US Patent and Trademark Office, 2007 : consulté en ligne sous «Brevet du PageRank»).

Les auteurs s'entendent généralement sur ce principe énoncé par Andrieu : « On en revient donc toujours à la même conclusion : faites des pages avec du vrai contenu, intéressant, original, en texte lisible » (2008 : 107).

Bref, investir dans le référencement de son site Web est non seulement une question d’argent, mais aussi une leçon de pertinence et d’assiduité.

Un Web bidirectionnel

Au-delà de Google et d’autres moteurs de recherche, le communicateur doit considérer chaque individu en tant que relais d'un réseau social. Selon Baekdal (2009), il ne faut plus imposer ses produits par l'entremise d’un discours unidirectionnel, comme le proposait avant le marketing traditionnel. Alors que la plupart des organisations présentes sur Internet souhaitent simplement savoir combien de personnes sont venues sur leur site et leur provenance, le véritable intérêt serait désormais la communication causée par ce contenu : « You need to tab into not only the content that people post about you, but also the communication that is taken place with it» (Baekdal, 2009 : consulté en ligne). Pour illustrer ce propos, Baekdal (2009) avance qu’une partie considérable de ses articles n’est pas lue sur son propre site Web. Du total des internautes ayant visité son site, 2 % provenait du Web social, en 2005, pour passer à 65 %, en 2009.

Commentaires à l'appui

Le fait d’être facilement trouvable ne garantit rien. Corniou illustre ce fait en citant une étude menée conjointement par l’agence Fleshman-Hillard et la société d’études Harris interactive en France, en Allemagne et au Royaume-Uni : « Pour l’achat d’un téléviseur à écran plat par exemple, les consommateurs des trois pays couverts sont en moyenne 49 % à recherche l’avis d’autres internautes pour finaliser leur décision, alors qu’ils ne sont que 42 % à consulter le site Internet des fabricants » (2009 : 81).

Par ailleurs, savoir gérer les commentaires sur son site Web est également une habileté que doit développer le communicateur. « Le travail du journaliste ou du communicateur continue bien au-delà de sa primo-publication » (Ronez, 2007 : 104). Les blogueurs et les usagers des médias sociaux qui discutent sur votre contenu, soit sur un blogue ou une page Web, suscitent du bruit. Il faut savoir bien se mettre en valeur et à ce sujet, Ronez affirme que « les bons commentaires peuvent être remontés dans une note, ou bien faire l'objet d'un lien hypertexte » (2007 : 104). L'auteur incite aussi à aller régulièrement voir les commentaires et à encourager les internautes à rester dans la perspective du sujet initial.

Conclusion : mériter son média

Baekdal (2009) affirme que les médias sociaux pourraient remplacer Google (ou du moins son moteur de recherche). En d’autres termes, le fait d’être présent sur les moteurs de recherche serait bientôt une considération secondaire. Selon les auteurs consultés pour ce travail, il reste que la pertinence est le mot d’ordre. Il faut répondre aux besoins des utilisateurs avant tout. Par ailleurs, tout comme pour la rédaction, on peut également parler en matière de référencement de l'importance des titres de page, des noms donnés aux images sur notre site, etc.

La blogueuse québécoise Michelle Blanc dit à propos des médias sociaux : « L’idée maîtresse est que vous devez “mériter” le média (média social) plutôt que de tenter de l’acheter. Vous y mettrez de l’argent tout de même parce que les ressources ne sont pas gratuites, mais les abonnés/interlocuteurs y viendront parce qu’ils vous trouvent pertinent » (2010, consulté en ligne sous « Web.2.0 »). Cette affirmation vaut aussi pour Google. En effet, la revue de la littérature effectuée permet d'affirmer que tout est mis en oeuvre pour favoriser les sites Web qui répondent aux besoins des clients.

Au-delà de la rédaction pour être bien indexé sur les moteurs de recherche, il serait intéressant d'en savoir plus sur le répertoire de site Web des médias sociaux comme Facebook et sur la rédaction spécialisée sur les médias sociaux.


BIBLIOGRAPHIE

Andrieu, Olivier. 2008. « Réussir son référencement web ». Paris : Éditions Eyrolles. 302 p.

Blanc, Michelle. 2010. « Quatre raisons pourquoi votre marketing médias sociaux est poche ». Michelle Blanc, Réflexions, veille et stratégies de gestion et marketing Internet. URL : http://www.michelleblanc.com. Consulté le 26 mai 2010.

Baekdal, Thomas. 2009. « How the SocialWeb Destroys Tradionnal Marketing », Baekdal.com (18 octobre 2009). URL : http://www.baekdal.com/media/traditional-marketing-social-web. Consulté le 15 juin 2010.

Chevalier, Aline et André Tricot. 2008. « Ergonomie des documents électroniques ». Paris : Presses universitaires de France. 305 p.

Corniou, Jean-Pierre. 2009. « Le web, 15 ans déjà… et après? » Paris : Dunod. 203 p.

Comment ça marche.net. 2010. «Qu'est-ce que le référencement?». http://www.commentcamarche.net/contents/web/referencement.php3#liens. Consulté le 19 septembre 2010.

Davis, Harold. 2006. «Search Engine Optimization: Building Traffic and Making Money with SEO». URL : http://proquest.safaribooksonline.com/0596527861/ch01lev1sec1#X2ludGVybmFsX0ZsYXNoUmVhZGVyP3htbGlkPTA1OTY1Mjc4NjEvNDEmaW1hZ2VwYWdlPTQx. Consulté le 24 mai 2010.

Kavanagh, Éric. 2003. « Écrire pour le Web. Les principes généraux ». Montréal : Commission de la santé et de la Sécurité au travail. 42 p.

Lachapelle, Serge. 2009. Comprendre les campagnes de coûts par clic de Google. Affaires Webs. Le Web d'affaires expliqué. http://www.lesaffairesweb.com/2009/12/05/comprendre-les-campagnes-de-couts-par-clic-de-google/. Consulté en ligne le 19 septembre 2010.

Ronez, Joël. 2007. « L'écrit Web. Traitement de l'information sur Internet ». Paris : CFPJ Éditions. 127 p.

US Patent and Trademark Office. 2010. «Comment Google attribue un score à une page Web». US Patent and Trademark Office. URL : s http://www.scriptol.fr/seo/brevet-google-pagerank.php. Consulté le 23 mai 2010.

Vitaly Friedman. 2007. «Tag Clouds Gallery: Examples And Good Practices». Smashing Magazine. http://www.smashingmagazine.com/2007/11/07/tag-clouds-gallery-examples-and-good-practices/. Consulté le 20 septembre 2010.

mercredi 4 août 2010

Blogue Brise-Glace

Un blogue fait par des étudiants finissant en communication et marketing, super allumés!

J'ai bien aimé cet article où je me suis reconnue... je me suis replongée dans le temps de mes études au bacc face à un marché du travail qui semblait si vaste, mais aussi hors de portée. L'article d'Hugo montre aussi comment il est difficile de décrire le travail d'un communicateur.

http://brise-glace.com/2010/08/03/au-mieux-on-propose-du-vent-a-valeur-ajoutee/

dimanche 20 juin 2010

Facebook, confidentialité, etc.

Si vous êtes une personnalité publique, probablement que vous avez une sensibilité aiguisée envers votre image sur les médias sociaux. Pour le commun des utilisateurs des réseaux sociaux, ce réflexe n’est peut-être pas aussi bien ancré. À cause de la vitesse à laquelle peut se transmettre une photo ou autre information sur Facebook, il faut y penser deux fois avant de publier quoi que ce soit.

Un article intéressant de CBC News sur les réseaux sociaux et la confidentialité mentionnait que le contenu publié était du contenu potentiellement transférable : «The terms of use for Facebook say its licence — which applies to any user content posted there, including photos, videos and text — gives it the right to copy, publicly display, translate, distribute and to create derivative works.» (Sakuma, 2008, en ligne).

Utiliser une photo sur Facebook dans un but journalistique

Si vous comptez utiliser une photo prise sur Facebook, notez toutefois que la propriété de la photo demeure toujours celle de la personne qui l’a prise. De plus, selon le professeur de la University of Ottawa et expert en droit de l’Internet Michael Geist, si la photo publiée est dans le contexte d’une histoire liée aux actualités (News Story), faire une capture d’écran d’une page Facebook avec la photo, serait une utilisation permise du cliché. Par ailleurs, la photo seule n’en serait pas une : «Where they're simply lifting a photograph that someone has posted on Facebook, I think that prior permission is likely needed» (Geist, cité par Sakuma, 2008, en ligne).

Tout comme Wikipédia doit être une source utilisée avec précaution, puisque l’information est publiée par des internautes avec des intentions diverses, Facebook doit aussi être utilisé avec prudence : «Another consideration for news organizations using Facebook photos is whether they actually depict the person in question. Anyone can upload a picture to Facebook and tag it with a name, whether that person is in the photo or not» (Sakura, 2008 : en ligne). Pour démasquer les dizaines de faux Georges W. Bush de son site, Facebook ne donne aucune attestation d’identité : «Facebook does not pre-screen or approve Facebook pages, and cannot guarantee that a Facebook page was actually created and is being operated by the individual entity that is the subject of a Facebook page» (Sophos cité par Niazi, 2008, en ligne).

Prudence!

En effet, l’utilisateur peut ne pas être celui qu’il dit être. Une organisation de sécurité informatique, nommée Sophos, a effectué en août 2007 une étude pour tester le niveau de tolérance des gens à révéler des renseignements confidentiels à un inconnu. En utilisant une fausse identité, le faux ami récoltat, sur 200 demandes «d’amitié», 87 acceptations et rien de moins que 82 accès à de l’information personnelle comme des adresses courriel, des numéros de téléphone, travail, et dates de naissance.

Connaissez-vous vos amis?

Les amis de vos amis ne sont peut-être pas vos amis. Afin de prévenir l’utilisation des photos sur Facebook, les utilisateurs doivent configurer leurs options de confidentialité pour déterminer qui aura accès à leurs photos. D’ailleurs, la plupart des réseaux sociaux, tels que Flickr, permet de sélectionner le niveau de confidentialité de vos albums. Cette configuration est la première protection contre l’utilisation «at large» de vos photos : «Anyone who can see your photos can download them, e-mail them and repost them elsewhere on the internet, whether the law says they can or not» (Sakura, 2008 : en ligne).

Des lois sur Internet?

Deux concepts, l’autorégulation et la co-régulation se sont déployés au cours des dernières années afin de combler les lacunes de la Justice. Il existe quelques règles en matière de nétiquette qui sont basées sur l’autorégulation. La nétiquette, les logiciels de filtrage et les codes se multiplient, les utilisateurs ayant le choix de se soumettre à celles qu’ils veulent : «D’une manière générale, les règles de la nétiquette imposent le respect de l’administrateur du réseau, le respect des individus, celui de la qualité des messages, une certaine forme de prudence et de modération» (Ravaz, 2008, p. 43-44).

Cette autorégulation, laissée au bon vouloir des internautes, fait de plus en plus place à la co-régulation «construite sur un consensus entre pouvoirs publics et personnes privées (…), mais surtout, elle comporte une activité de surveillance et de contrôle de la mise en œuvre généralement par un organisme indépendant» (Ravaz, 2008 : 45). Il est à se demander, comme avance Ravaz, si cette collaboration en matière de justice numérique serait « fondatrice d’une éthique universelle» (2008 : 46)?

BIBLIOGRAPHIE Niazi, Amil. 2008. «Facebook phoneys, Are your 'friends' who they appear to be?» 9 janvier 2008. CBC News –In Dept. URL: http://www.cbc.ca/news/background/tech/internet/facebook.html. Consulté le 20 juin 2010.

Ravaz, Bruno. 2005. «Ordre numérique et préoccupations éthiques : vers une éthique numérique universelle?» dans L’éthique des situations de communication numérique (sous la direction de Serge Agostinelli). 2005. Paris : L’Harmattan. p. 29 à 47.

Sakuma, Paul. 2008. « Facebook photo free-for-all. Is media's use of photos fair dealing or freeloading? ». 11 janvier 2008. CBC News- In Dept. URL: http://www.cbc.ca/news/background/tech/internet/facebook-legal.html. Consulté le 20 juin 2010.

mercredi 16 juin 2010

Contrepied de http://owazis.com/blog/

Résumé de la critique de Joanie Brouillette
L’étudiante au cours Communication et changements technologiques, Joanie Brouillette, a fait un essai sur le sujet de la publicité en ligne. Elle présente dans le volet critique les revers de la publicité en ligne. Elle souligne notamment que ce genre de publicité est perçu de façon majoritaire négativement par les internautes québécois, ceux-ci la jugeant « peu utile et informative » (Brouillette, 2010 : en ligne). Elle pose une question fort pertinente qui est le cœur des préoccupations des publicitaires qui cherchent à cibler de plus en plus leur clientèle et qui délaissent les médias traditionnels au profit du Web : les utilisateurs sont-ils conditionnés à éviter la publicité en ligne? Elle soulève aussi un sujet d’intérêt : «Dépendamment du sujet de la publicité en question, le dérangement causé est plus ou moins grand » (Brouillet, 2010 : en ligne).

Point de vue
Je me demande pourquoi Joanie Brouillette n’a pas continué sur cette piste qui l’aurait menée vers la publicité selon les intérêts des internautes. Pour faire le contrepoids de son essai, je vais appuyer mes propos sur l’opinion de Frédéric Joseph, président de IAB France. Alors qu’il venait d’arriver à la barre d’IAB, en 2005, il donna une entrevue au magazine Web Clubic, où il parlait de l’avenir de la publicité en ligne. L’importance de la contextualisation dans la publicité en ligne était selon lui un avantage incontournable à développer.

Rendre service aux annonceurs et aux internautes
Lorsque Brouillette parle du niveau d’irritation créé par la publicité, cela nous amène à parler des intérêts et du contexte de l’internaute. L’étudiante aurait pu tenir compte davantage de ce point dans sa critique de la publicité en ligne. Selon Joseph : « La ‘contextualisation’ de la présence publicitaire est l'une des forces de l'Internet. C'est un moyen de rendre service aux internautes tout en apportant du revenu publicitaire aux sites éditeurs. Tout cela est très intéressant et démontre à quel point le potentiel de ce média est en perpétuelle évolution » (cité par Bouteiller, 2005, dans : «Publicité en ligne»). Donc, en plus de rendre plus rentable la publicité pour les annonceurs, la publicité contextualisée serait également moins « inutile » et dérangeante pour les utilisateurs du Web. En effet, cette publicité irait au-devant des besoins de l’utilisateur ou minimalement, serait davantage concentrée sur ses intérêts.
Nuances
Pour nuancer cet agacement des Québécois par la publicité en ligne, j’ajouterais que cette publicité inclut également le «e-mail spam», ce qui est fortement ennuyant pour les utilisateurs, mais tout comme peuvent l’être les vendeurs de balayeuses ou les représentants de Bell qui téléphonent à l’heure du dîner. D’autre part, ce n’est pas simplement la publicité qui irrite, mais plus le fait que certaines annonces empêchent temporairement d'accéder au contenu recherché. Ainsi, le véhicule publicitaire doit capter l’attention de l’internaute qu’il vise, sans toutefois le gêner dans sa navigation. Ainsi, le pop-up qui gêne l’accès à la page peut sembler encombrant pour l’utilisateur. D'ailleurs, de plus en plus de navigateurs bloquent également l’ouverture de la publicité dans une nouvelle fenêtre. Si la publicité est divertissante, c’est aussi un bon passe-droit pour éviter de faire rager les internautes. De plus, les publicités humoristiques ont toujours eu la cote. Toutefois, le sens de l’humour est relatif. La segmentation jeunesse aide à cibler ce qui sera amusant et acceptable pour un public précis.

Rentabiliser le Web
Il aurait également été pertinent, dans la critique de Brouillette, de traiter de l’intérêt pour les sites Web de diffuser de la publicité en ligne. Les créateurs de sites Web et de portails ont grandement stimulé l’émergence de la publicité en ligne : « La publicité en ligne est un moyen permettant aux webmasters de rentabiliser financièrement leur site internet et de leur permettre de couvrir les coûts d'hébergement et de noms de domaine. Il s'agit également d'un moyen privilégié d'assurer la promotion des services » (Comment ça marche, 2010 : consulté en ligne sous « Dossiers, publicité en ligne »).

La souplesse du médium, par rapport à son coût, a également été écartée de la critique. Il existe trois façons de payer pour de la publicité en ligne en fonction des objectifs de l’annonceur: veut-il vendre quelque chose ? Recherche-t-il une simple impression pour causer de la notoriété ? A-t-il un message précis à passer?

Le site Comment ça marche décrit les trois façons pour l’annonceur de payer pour sa publicité en ligne :

  • « Le CPC (Coût par clic) correspondant à une rémunération proportionnelle au nombre de clics uniques sur les bannières diffusées.

  • Le CPM (Coût par mille) correspond à un mode de rémunération en fonction du nombre d'affichage. Ce mode de rémunération est généralement réservé aux sites à fort trafic (plus d'un million de pages vues par mois).

  • Le CPS (Cost per Sale, en français coût par vente) ou lead correspondant au nombre de clics de visiteurs ayant abouti à une vente. » (2010 : consulté en ligne sous «Dossiers, publicité en ligne»).

Brouillette parle également du taux de clics des Québécois. Cette réactivité doit maintenant être pertinente : les annonceurs désirent maintenant non seulement que les utilisateurs cliquent sur leur publicité, mais que ce soit des clients ou consommateurs potentiels qui y soient exposés. Par exemple, selon une étude de la société d'analyse américaine iPerceptions datant de 2008, ceux qui cliquent sur les publicités ne sont pas les internautes les plus riches : « En fait, 40 % d'entre eux gagnent moins de 50 000$ par année et seulement 15% ont déclaré des revenus de plus de 150 000$» (Salvi, 2008 : en ligne).

On observe une préoccupation grandissante des annonceurs pour les utilisateurs qui sont exposés : «Ils réclament également plus d'information sur le comportement de leurs clients et prospects en termes d'usages du Web» ( Salvi, 2008 : en ligne). Ainsi, on verra de plus en plus de tactiques du genre : vendre une Audi à quelqu’un qui fréquente des grands restaurants ou afficher une promotion sur un cours de danse sur une radio Internet de salsa. Plus que jamais, avec le ciblage précis que permet la publicité en ligne, «sky is the limit» !


Contre-exemple réel dans le domaine de la communication
Brouillette cite dans son exemple d’application de la publicité en ligne la page My.BarackObama.com. À mon sens, une page de réseau social n’est pas de la publicité, mais une action de relations publiques, sauf si on fait du placement sur d’autres pages. Toutefois, créer sa propre page permet d’entrer en contact avec les cibles et de générer de la discussion autour de nos services ou produits.

Ainsi, Moosehead s’est servi de plusieurs médias pour faire une campagne sur le thème de découvrir son «Moi extérieur», incluant la télévision, la radio, un site Internet et une page Facebook.


En se rendant sur Moiexterieur.com, site sur lequel l'équipe de la brasserie remet les internautes sur le droit chemin, Moosehead leur explique ce qu'est le «moi extérieur», comment «entrer en contact avec ce dernier» et comment «aider ses amis à le retrouver».

La page Facebook permet aux amateurs de plein air de partager des photos et de rejoindre un réseau d’amateurs de plein air et de bière Moosehead.

Toutefois, en furetant sur la page Facebook de Moosehead, on remarque que la page Facebook suscite peu de réactions des internautes et on constate que la valeur ajoutée par rapport au site Web est peu tangible. Ainsi, on ne fait que prolonger le message de la publicité traditionnelle (de la télévision et de la radio) sur le Web. On offre aux membres de diffuser leurs photos de plein air, sans toutefois inciter par l’entremise de thèmes spécifiques, de concours, cette quête de photos. De plus, Moosehead publie des nouvelles liées au plein air sans toutefois mousser la discussion pour inviter les gens à partager des anecdotes.

Ainsi, Moosehead devrait retravailler sa présence sur le Web.

Lâcher prise… sans perdre le contrôle
Les annonceurs qui veulent utiliser les vertus de la publicité en ligne sur le Web 2.0 doivent accepter de perdre le contrôle de l’information, ce qui est une rupture par rapport au marketing traditionnel. Ainsi, ils doivent discuter avec leurs clients actuels et potentiels et laisser ceux-ci discuter entre eux. En parlant de Barack Obama, une citation m’a frappée quand je suis allée voir la page dont parlait ma collègue. La voici :




http://www.mybarack.com/


Cette citation fait bien le lien avec la nouvelle ère publicitaire qui mise sur la valeur de chaque individu en tant que relais d'un réseau social. Il ne faut plus imposer ses produits par le biais d’un discours unidirectionnel, comme le proposait avant le marketing traditionnel : «Traditional marketing is not compatible with the social world. The social web is not just a different format; it is a completely different form of communication » (Baekdal, 2010: en ligne). L’auteur mentionne même que : «Traditional no longer works...it even works against you!»(Baekdal, 2010: en ligne), avec graphique à l’appui!





D’un autre côté, pour le consommateur internaute, il est confronté à des dangers additionnels dans sa quête de produits sur le Web. « Les internautes doivent en permanence se méfier des violeurs de confidentialité, des voleurs des numéros de carte bleue, des violeurs de système, des incubateurs de virus, des pirates de toutes sortes, des ‘spams’, des détournements de sites, de textes, d’images, des falsifications et manipulations (…)» (Ravaz, 2005 : 39). Sans compter que la publicité en ligne pousse souvent à acheter rapidement des produits avec des informations fausses, comme des produits amaigrissants.


BIBLIOGRAPHIE

Baekdal, Thomas. 2009. «How the SocialWeb Destroys Tradionnal Marketing », Baekdal.com (18 octobre 2009). URL: http://www.baekdal.com/media/traditional-marketing-social-web. Consulté le 15 juin 2010.

Bouteiller, Jérôme. 2005. «Frédéric JOSEPH, IAB : "La contextualisation de la présence publicitaire est l'une des forces de l'Internet’ » (11 mars 2005). URL : http://www.clubic.com/actualite-50741-.html. Consulté le 15 juin 2010.

Brouillette, Joanie. 2010 «Publicité en ligne», Blogue de Joanie Brouillette, Communication et changement technologique. Mai 2010. URL: http://owazis.com/blog/?m=201005. Consulté le 14 juin 2010.

Comment ça marche.net. 2010. «Introduction à la publicité en ligne». [En ligne] URL: http://www.commentcamarche.net/contents/web/publicite-advertising.php3. Consulté le 15 juin 2010.

Le Journal du Net. 2010. «e-Pub : entre technologie et contenu, la grande mutation», JournalduNet.com. [En ligne] URL:
http://www.journaldunet.com/ebusiness/publicite/analyse/070904-acquisitions-marche-pub/1.shtml. Consulté le 16 juin 2010.

Mybarackobama.com. 2010. [En ligne] URL: http://my.barackobama.com/ctl/Constituent/Login?successurl=L3BhZ2UvZGFzaGJvYXJkL3ByaXZhdGU=&_h=R7eLleNlvR32IUbri4ek40kHrFI. Consulté le 16 juin 2010.

Ravaz, Bruno. 2005. «Ordre numérique et préoccupations éthiques : vers une éthique numérique universelle?» dans L’éthique des situations de communication numérique (sous la direction de Serge Agostinelli). 2005. Paris : L’Harmattan. p. 29 à 47.

Salvi, Carine. 2008. « Cachez cette PUB que je ne saurais voir ». Branchez-vous! Bénéfice.net (6 octobre 2008). [En ligne] URL: http://benefice-net.branchez-vous.com/actubn/2008/10/cachez_cette_pub_que_je_ne_sau.html. Consulté le 15 juin 2010.

mercredi 9 juin 2010

La contextualisation : jusque dans mes choix musicaux


Quand l'annonceur trouve chaussure à mon pied...


Je cherchais aujourd’hui un poste de radio Internet diffusant de la musique latine afin d’agrémenter ma journée de travail… bref de quoi joindre l’utile à l’agréable puisque la salsa est l’un de mes loisirs préférés.

C’est la première fois que je cherchais un poste de radio sur Internet en faisant appel à Google. J’ai rapidement trouvé chaussure à mon pied. Mon choix s’est arrêté sur une station offerte par Aol Radio. (J’ai cliqué sur le lien de la radio tropicalissima.fm, puis j’ai cliqué sur salsa parmi l’offre de radios latines).

Une petite fenêtre publicitaire est apparue – à titre de moniteur - avec une annonce publicitaire cours de salsa, publiée par Google. La pertinence du lien était très élevée puisque les personnes qui recherchent ce genre de musique sont des danseurs de salsa ou encore sont très enclins à vouloir prendre des cours. Le ciblage géographique était aussi assez efficace puisqu’il s’agissait d’une école à Laval (que j’avais vu en prestation la fin de semaine précédente, mais je ne pense pas que Google le sache, enfin… je l’espère).
Ceci m’a fait réaliser à quel point la contextualisation des annonces publicitaires est possible sur le Web : «Le modèle du matching, intermédiation automatisée, a été inventé par les moteurs de recherche » (Corniou, 2009 : 167). Ce «matching» organise donc la rencontre informatisée des annonceurs et des espaces publicitaires : « Ces annonces publicitaires n’apparaissent donc pas suite à la requête d’un internaute mais sont diffusées de manière contextualisée par rapport au contenu du site » (Andrieu, 2008 : 255). Ainsi, ma fenêtre de radio diffusant de la musique latine a affiché une annonce de cours de danse. Aussi, j’ai réalisé comment pouvaient se financer les radios Internet lorsqu’aucune publicité n’est présentée de façon audible, dans le cas de la musique en continu : « Le financement des services sur Internet apparaît comme un domaine mouvant et innovant qui va accompagner, par de nouvelles ruptures, la transformation économique qu’induisent Internet et les multiples facettes du Web » (Corniou, 2009 : 168).

Ce qui par-dessus tout innovant, c’est que cette façon de faire ouvre le marché aux petits annonceurs puisque la tarification repose sur le coût au clic.

BIBLIOGRAPHIE

Aol radio. 2010. «http://www.shoutcast.com/radio/Cha». Consulté le 9 juin 2010.

Andrieu, Olivier. 2008. «Réussir son référencement web». Paris : Éditions Eyrolles. 302 p.

Corniou, Jean-Pierre. 2009. «Le web, 15 ans déjà… et après?» Paris : Dunod. 203 p.

Tropicalissima.fm. 2010. «http://www.shoutcast.com/radio/Cha». Consulté le 9 juin 2010.

dimanche 6 juin 2010

Rabaska : Le poids de l’opinion populaire face au lobby industriel



Vous vous souvenez sûrement, à moins que vous ayez été à l’extérieur du Québec pendant des mois, de la controverse du projet Rabaska. Réunissant Gaz Métro, Enbridge inc. et Gaz de France, le projet Rabaska prévoyait la construction, au coût de 840 millions de dollars, d'un terminal méthanier dans l'est de Lévis.

Une commission d’enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) rendra public un jugement favorable à l’implantation d’un terminal méthanier à l’été 2007. Par la suite, le gouvernement du Québec donnera son accord en octobre de la même année, ainsi que le gouvernement fédéral, en mars 2008.

Même si le projet a obtenu un décret favorable des gouvernements provincial et fédéral, les groupes de pression ont tout de même réussi à retarder sa construction. Prévu à l’origine pour être en chantier dès 2009, il ne s’est toujours pas concrétisé et certains se demandent même s’il verra le jour, étant donné notamment les conjonctures économiques et le désistement du producteur gazier Gazprom dans le projet à l’été 2009.

David contre Goliath
Plusieurs groupes se sont formés ou rassemblés afin d’avoir davantage de poids sur la place publique. Dans le processus, des assemblées de cuisine ont muté vers la formation de petits groupes plus organisés. Aussi, des groupes environnementaux ainsi que des partis politiques ont pris position. Des manifestations publiques ont été organisées, en plus du lancement d’un film en plus de nombreux communiqués émis.

Les médias traditionnels ont pris longtemps le parti de Rabaska avant d’être contraint par l’opinion publique de se rallier aux opposants. Pendant ce temps, les groupes organisés et spontanés anti-Rabaska ont pu profiter de la tribune du Web.

Même si les journalistes ont, en théorie, un rôle de chien de garde de la démocratie, des auteurs affirment que certaines mesures de contrôle interne de l’information existent et sont efficaces. Coulter mentionne à ce sujet, dans le contexte américain de la guerre en Iraq : « The vast majority of news is produced by a handful of owners, whose interests need to be protected. Washington and professional journalism engage in a symbiotic relationship that precludes true objectivity. This means that Americans are guided by corporate interests » (2009 : 55).


Rapprochement des médias de la classe politique

Il est intéressant de réfléchir à ce qui a fait évoluer la prise de position des médias durant la bataille de Rabaska, par rapport à d’autres cas de propagande, tels que la guerre en Iraq. Dans ce dernier cas, les médias américains ont majoritairement intégré le discours du gouvernement en place à l’effet que les États-Unis devaient combattre le terrorisme afin de protéger sa population. Il semble également que dans le cas de Rabaska, les médias traditionnels ont tout simplement intégré le discours qui était le plus vendeur et qui faisait le plus large consensus auprès de la classe politique.


Le Web, une porte de sortie pour la démocratie
Pendant le débat sur Rabaska, les internautes ont pu regarder des extraits vidéo disponibles sur Youtube. La voix des «vedettes» appuyant la cause ayant été plutôt ténue dans les médias traditionnels, les personnalités s’étant jointes à la cause anti-Rabaska ont eu un souffle supplémentaire sur Youtube. Voici le témoignage du chanteur et musicien Yves Lambert.
Rabaska: Le Navire Maudit - Yves Lambert

Il est intéressant de voir aussi les points de vue de sketches humoristiques ou d’émission de télévision qui sont relayés par Youtube.
Sketch du groupe humoristique Prenez Garde au Chien.
Pétition sur Internet
Le Collectif Stop au méthanier (CoSAM) a mis sur son site Web un manifeste auquel était jointe une pétition en ligne. Bien que la valeur de la pétition était peu significative par rapport à celle papier, elle démontrait tout de même l’appui du public pour la cause des « contre » Rabaska.
Concentrer les articles de presse favorables
Le site du CoSAM a aussi permis aux opposants du projet de réagir sur les articles de presse et également de publier les articles de presse favorable à la cause.L’enjeu principal illustré dans la bataille de Rabaska est celui du pouvoir citoyen. Il pourrait être également intéressant de comparer si les militants opposés à Rabaska avaient eu la même chance de retarder le début du projet dans un système politique autre que démocratique, là où même le Web est censuré.
BIBLIOGRAPHIE

COULTER, Elizabeth. 2009. «Co-producers of illusion: How the media laid the framework for America's rush to war in Iraq, M.A. dissertation, Lehigh University». Pennsylvanie, États-Unis, 63 p.

Germain-Therrien, Chloé. 2009. «Rabaska: Le Navire Maudit - Yves Lambert», 2 novembre 2009.
http://www.youtube.com/watch?v=g41CkUAMFyk. Consulté le 6 juin 2010.

Les Francs Tireurs. 2008. «Les Francs Tireurs : Le projet Rabaska 1/2», le 20 novembre 2008. http://www.youtube.com/watch?v=e9LKKeEKxPI. Consulté le 6 juin 2010.
Collectif Stop au Méthanier. 2008. Morceaux choisis. «http://stopaumethanier.acio.qc.ca/?page_id=74». Consulté le 6 juin 2010.

Prenez Garde aux Chiens. 2009. «Rabaska... Le sketch», le 9 avril 2009. «http://www.youtube.com/watch?v=3ASDqXRDRf4». Consulté le 6 juin 2010.